L’addiction chez les adolescents

Jeunes et consommations, comment prévenir ? Quels signes doivent m’alerter ? Quand faut-il s’inquiéter ?

Les consommations à l’adolescence sont sources d’inquiétudes et de questionnement pour les parents.

Première expérimentation, période de transgression, rite de passage, les consommations de produits (alcool, tabac, cannabis…) ou sans produits (écrans, jeux vidéos, téléphone…) ont du sens pour le jeune, et font partie du monde dans lequel il vit.

L’adolescence est une période de remaniements profonds au niveau corporel, émotionnel, sociale,
avec un fort désir de gagner en autonomie.

Il est toujours intéressant de se demander pourquoi un adolescent concrètement commence soit à consommer des drogues soit à avoir une pratique qui peut engendrer un risque et quels sont les
conditions et les raisons qui l’y poussent.

Dans tout type de consommation, il y a des motivations positives (recherche de sensations, de
plaisir, de maîtrise de son corps, expérience, …) et des raisons négatives (fuite, difficultés à gérer ses
émotions, conflits avec les tiers (parents, communauté éducative..), influence des pairs….)

Ne pas se tromper d’objectif : rechercher des solutions pour mettre un terme à la consommation de drogues n’est que la seconde étape. La première, comprendre ce qui amène l’adolescent à de tels comportements, doit être la priorité pour les parents.

Les consommations de produits : tabac, cannabis, alcool….

Les substances psychoactives, c’est à dire qui modifient le psychisme, sont susceptibles de donner lieu à des troubles et de rendre dépendants. Nous trouvons, classé par l’histoire et la culture sociétale, des drogues totalement interdites comme la cocaïne, l’ecstasy, etc.. et des drogues tout à fait licites et en accès libre, l’alcool et le tabac.

Ces 2 derniers produits sont aujourd’hui réglementés et interdit au moins de 18 ans mais dans les faits, les ados y ont très facilement accès.

Rappelons que dans la plupart des cas, l’alcool est initié très jeune au sein même des familles (un fond de coupe lors d’une occasion, un sucre dans un digestif…).

Quel type de produits rencontrent aujourd’hui les adolescents ?

Tous… Concernant les drogues illicites, le cannabis reste le produit le plus consommé. Son changement de réglementation au niveau international, sa circulation à tous les niveaux de la société et dans tous les milieux sociaux amènent forcément un changement de perception pour les jeunes et le décalage est parfois important avec les parents ou la communauté éducative. La cocaïne est aussi de plus en plus présente et accessible (tarif bas, accès facile…)

Attention à la théorie de l’escalade, il n’y a pas de fatalité ou d’automatisme à passer d’un produit à un autre ou à augmenter sa consommation.

Focus sur le Tabac

Une étude très récente de l’OFDT confirme la perception par les jeunes d’un environnement éminemment favorable aux consommations : le tabac est décrit comme omniprésents dans l’entourage, familial, scolaire, amical et social ; dans leur quartier et aux abords des établissements scolaires ; dans les images auxquelles ils sont exposés au quotidien. Rappelons que la publicité est très encadré sur l’ensemble des médias (presse écrite, radio, TV, internet) toutefois le produit est largement mis en avant sur les réseaux sociaux, dans les films, séries tv…..

Ce contexte inclut aussi de fréquentes incitations à « au moins essayer » et une pression du groupe de pairs à laquelle il est difficile de résister.

De plus, si l’expérimentation est positive, perçue comme une source de plaisir, une envie  de découvrir de nouvelles sensations, de marquer une transgression, de s’intégrer dans un groupe…, le risque est, que cette expérimentation s’installe dans une dépendance rapidement, dû au fort potentiel addictif du produit. Le très jeune consommateur (souvent dès le collège) aura donc du mal à se passer de ce produit.

L’arrêt du tabac doit être encouragé et accompagné le plus tôt possible.

Et qu’en est-il des écrans ?

L’addiction aux jeux vidéo a été reconnue lundi 18 juin comme maladie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au même titre que l’addiction à l’alcool, à la cocaïne ou aux jeux de hasard et d’argent, en étant intégrée à la Classification internationale des maladies (CIM).

L’OMS considère l’addiction aux jeux vidéo comme « un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux sur internet, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités de la vie quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables ».

En outre, pour qu’un diagnostic puisse être établi, l’OMS précise que ce comportement extrême doit avoir des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles », et « en principe, se manifester clairement sur une période d’au moins 12 mois ».

Si cette reconnaissance de l’addiction aux jeux vidéo répond à un objectif de santé publique, elle soulève également un certain nombre de questions car il ne s’agit pas d’une addiction comme les autres.

Nous ne devons pas confondre la cause et l’origine.

La surconsommation d’écran (jeux vidéo, réseaux sociaux, applications…) trouve généralement son origine dans un problème que la personne ne parvient pas à surmonter. Un grand nombre d’études menées au cours des deux dernières décennies suggèrent en effet que des problèmes d’usage d’écran peuvent survenir comme une sorte d’automédication. Lorsqu’un jeune a du mal à gérer une émotion, tristesse ou colère par exemple, ou plus généralement une source de stress, il est tenté de se connecter, pour y échapper, à une application mobile ou un jeu en ligne pour fuir et se distraire. Les conséquences sont à la fois positives (l’enfant se sent temporairement mieux) et négatives (la ­véritable cause n’est pas forcément traitée). À long terme, le comportement d’adaptation peut devenir habituel, sauf si le problème sous-jacent est interrogé et travaillé.

Il est aussi important de prendre en compte le fait que les bases neurologiques du contrôle des impulsions s’établissent à la fin de l’adolescence. L’adolescent a une difficulté physiologique à s’empêcher de faire ce qui lui fait plaisir, même s’il sait que c’est problématique pour lui. Ses notes scolaires qui s’effondrent, peuvent l’inquiéter, pour autant, il n’arrivera pas de lui-même à contrôler son accès aux écrans. Il faudra patienter jusqu’à 16 17 ans voire 25 ans pour que la maturation cérébrale soit achevée et lui permette de contrôler ses impulsions et ainsi de limiter sa consommation.

Il convient de proposer au jeune un espace de parole et d’évaluation et à la famille, un lieu pour réinterroger les questions de parentalité, enjeux et limites.

Pour aller plus loin:

https://lebonusagedesecrans.fr/les-ecrans-et-votre-entourage/jeunes-enfants-ecrans/

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